Répertoire

Introduction

Les mots ne sont jamais de simples outils. Ils sont des portes, des pièges, des éclats, des tisons qui rallument parfois ce que l’on croyait de façon définitive, muet.

Dans ce répertoire, les termes les plus communs reprennent un souffle, retrouvent ainsi leurs renaissances, elles s’avancent vers nous avec un visage que l’on ne leur avait jamais vu. Ici, chaque mot respire. Chaque mot porte sa charge, ses douleurs, ses promesses et son histoire, celle que le dictionnaire, lui, ne racontera jamais.

PAIX, RANCŒUR, CHOIX
Ils ne sont plus des notions figées, mais des terres vivantes où l’on pose le pied comme sur un sol mouvant. Tu les verras se fissurer, s’élever, s’indigner, se contredire, et parfois t’offrir un miroir plus tranchant
que n’importe quel aveu. Ce sont des définitions sensibles et humaines où le verbe devient matière et où chaque lettre retrouve son rôle plus que primordial, celui de tracer les contours de ce que nous sommes.

C’est une manière de revisiter notre langage, comme on revisite une mémoire oubliée. Un espace où les mots ne sont plus dictés, mais où ils dialoguent afin qu’ils deviennent ces compagnons de passage. Entre ces pages, il y a bien des chemins à emprunter pour interpréter comment les écouter.

Acte I.

CHOIX 

Pour comprendre le choix,
Il suffit de ne pas méprendre notre foi,
Mais pour l’avoir, je crois,
Qu’il est préférable de voir notre effroi,
Car le préalable du devoir est de ne pas s’effondrer,
Sans quoi nous serons gravés par la croix,
D’avoir agi comme un effronté,
Prêt à ne plus promouvoir le pouvoir de sa pensée,
Sans que la soie ne puisse à nouveau recouvrir nos parois,
Et de nous ouvrir vers les paroisses des enchantés,
À l’idée de ne plus flancher de l’autre côté,
Et de ne choisir que ce qui est censé,
Que ce soit pour un apôtre ou un roi,
Afin de voir ce que nous pouvons gagner,
Car il faut entreprendre lorsque c’est à nous de jouer,
Sans oublier ce qui peut être pris,
La perte peut à tout jamais nous faire taire,
Après avoir été inconscient de ce prix,
Nous avons constaté à quel point ce n’était pas une affaire.

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ENSEMBLE 

Vivre ensemble,
Être ivre à cet ensemble,
Que lire des livres délivre,
Que l’âme agit vers la magie,
Que notre famille soit surplombée par la merveilleuse,
La mère veilleuse qui est étrange,
Car il n’est pas simple de devenir un ange,
Mais le mal a dit de cette maladie,
Entre sagesse et tristesse,
Qui accompagne mon herpès,
Par la hargne de ma fève,
Mais ma compagne n’est que ce glaive,
Qui réunit chaque partition,
À une mélodie et son élocution,
Mais je n’entends que la mélancolie et la diction d’une fiction.

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IMPRÉVUS 

L’attribution du lot des imprévus,
Par la tribu et son eau des ablutions,
Elle est la cessation à mes attributs,
Elle ne pourra me jeter cette corde tendue à ma mission,
Celle qui a comme sommet le Sion des indéfendus,
Pourvu que sa horde ne puisse commettre la sédition,
Et que mes actions ne sèment plus la discorde parmi nos saluts,
Salutaire d’omettre la distincte commission,
De par notre désignation à ce fruit défendu,
Car je cherche l’or de notre dû et de sa consécration,
Mais pourrions-nous nous permettre de perdre la vue,
Lorsque nous devrions l’ouvrir pour notre succession,
À ce succès de ne pas périr dans l’horreur,
Sans laisser derrière nous et toutes nos heures,
La dernière trace du pire pour le meilleur.

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MISÈRE 

La misère à ma miséricorde,
Rendit un goût amer à cette corde,
Alors qu’hier, je n’avais pas un sou,
Et qu’en ce jour, ma tabatière ressemble à celle d’un fou,
Celui qui espère à vivre un lendemain sans qu’il soit soul,
À moins que l’ivresse à l’amour comble sa faim,
Au dépit d’une fin sur civière pleine de tristesse,
Mais lui ne veut qu’une patronnesse qui comble le tout de son rien,
Au péril de perdre ses reins dans cette atmosphère sans tendresse,
alors la sagesse doit devenir son ombre le temps d’un instant,
Pour qu’il ne sombre pas vers la paresse,
Le tuant ainsi à bout pourtant.

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PAIX 

Comment se délecter de la paix ?
Si ce n’est qu’elle dure encore un peu,
Avec cette impression d’être heureux,
Que nous cessions de n’être que singes et guenons,
Et que nous nous unissons vers les pages de l’union,
Que nous accostons sur la plage de notre éveil,
Créant ainsi le réveil des merveilles,
Contraire au mécréant et à sa pénurie,
Car je suis ce criant de l’émerveillement,
En espérant atteindre le sentier des incompris,
De toutes ces montagnes qu’on nous a obscurcies,
Alors, notre épopée devrait ressembler à une échappée,
Celle qui saisit l’essence de la Vie,
Faisant parfois mentir la science et sa survie,
Pourvu que le verbe périr et sa sentence soit banni,
Afin que la transcendance de mes sens,
Ne retourne point au bagne des étourdis,
Je le dis,
Je le crie,
Que mon coin est plein de hargne,
Il demande de ne plus être un assourdi,
Et que je puisse enfin libérer cette poigne,
Qui, j’espère,
Malgré une ère bien trop grégaire,
Apportera une douceur qui ne sera pas éphémère.

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PENSÉES 


Les pensées apaisent le Monde,
Par les aises de mes ondes,
Qui seconde l’osmose des roses,
Mais je ne peux guère causer,
Je ne suis que ce prolétaire au regard muet,
L’introverti et sa chance silencieuse,
Qui énumère sa convalescence périlleuse,
Mais il a bienheureusement cette Mère,
L’Amour du bien aimant de la mer,
Qui le cours depuis toujours,
À l’encontre de l’éphémère,
Pour une rencontre qui fera taire ce parcours,
En quittant cette ancienne cour bien sévère,
Vers l’air homogène d’un autre jour,
Afin d’enfin voir une ère victorienne sur mon parfaire.

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RANCŒUR 

La rancœur m’écœure,
Pourquoi est-elle si adulée,
Par des gens qui ne font que la garder,
Au lieu de pardonner,
Qui n’est que le début d’une notice,
Vers l’allègement de la Paix propice,
Aux passants et à leurs artifices,
Créant la chaleur brûlante à ce feu d’artifice,
Bonifiant ainsi la crise qui nous piétine,
Nous les piétons qui fulminent,
De l’ampleur de l’âme qui semble dérisoire,
Mais la fugue n’est qu’une échappatoire
Bien ostentatoire à mon conservatoire,
De la luxure à juste s’asseoir,
Au bord du fleuve et son courant,
Courant ainsi vers la veuve et son désenchantement,
Voilà le grand problème de l’envers de l’univers,
Uni vers ce vers où,
Du verrou à mon genou,
Car le Je dans le Nous,
M’a été, m’est encore et me sera,
Courbée par la hantise qui croit,
Ne pas être comprise,
Cette phrase au féminin,
Résument mes biens,
Est habile à ma faim,
Afin de ne plus être hostile à la fin.

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SECONDES 

Les secondes,
Celles qui me secondent,
Aux ondes de mon ombre,
Qui partent à la rencontre de ces minutes frivoles,
À la multitude qui décolle de mon envol,
Cette attitude à l’humeur folle,
Me permet la gratitude de mes heures,
Qui est émise par lui,
Au prénom de l’Incompris,
Et au nom du Bonheur,
Mais elle et lui se doivent d’être émis par mon cœur,
Celui qui s’enlise avec une horreur,
Car, dès lors,
Je suis parfois aigri,
En faisant une croix sur un récit,
Celui du brouillard de ma Vie,
Car je suis un débrouillard de l’ennui,
Et je débroussaille chaque millimètre,
Mais il faudra que je m’en aille rejoindre le centimètre,
Pour connaître la largeur d’un mètre,
Sans avoir la longueur du Maître malhonnête,
Car je connais déjà la fin,
Depuis le bas-fond de ma hutte désuète,
C’est d’ici que j’énonce ma faim,
Comme si j’avais été,
Ce condamné,
À la perpétuité.

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SEUL 

L’enfin seul,
De mon âme à cet enfant qui gueule,
Au sésame de clamer vers ce gaz,
Et sa lame en cette phase,
Au contraste d’une unique phrase,
Celle de ce vaste vase en céramique,
Celui bien sage, mais trop peu féerique,
Du paysage et sa beauté euphorique,
Où la page de toute bonté est euphorique,
Car l’aisance, quant à elle, est manipulée,
Par la défiance de toutes autorités,
Celles qui dansent et me font dévier,
Au bon vouloir du dense voyage obstiné,
Par le pouvoir de mon âge qui est saturé,
Aux statues de la disgrâce marquées,
Par la stature qui m’efface comme un délaissé,
Pourquoi Saturne sature mes péchés,
À la soie de ma ruine et de mes ratures,
Car je fulmine à l’idée d’un soi-disant futur,
Où il faudrait que je pense qu’à moi,
Moi qui ne sais m’occuper que des autres,
Sans la prétention d’être cet apôtre,
Mais en étant gardien de mon intuition,
Celle à l’intention de ma fin à notre bien,
Celui commun à toutes et à tous,
Cette communion et sa distinction,
À ce savoir qui ne peut rien n’y faire,
Mais qui est fière de leurs valeurs grégaires,
En dépit du faire-valoir de nos secousses,
Mais je ne me sens nullement à ma place,
Dans le troupeau de votre rescousse,
Alors, voici l’apostrophe,
Qui frôle ma catastrophe,
D’un sursis de n’avoir ni Amour, ni eau fraîche,
Donc, je m’en vais faire un tour,
Avec à mes côtés la terne peste de ma sécheresse.

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SILENCE

Le Silence d’une nuit sombre,
Par les oiseaux qui se taisent,
Rien ne pourrait nuire au sens de mon ombre,
Je suis juste ici, à contempler l’eau qui s’apaise,
Après avoir fui la journée d’hier et sa pénombre,
Avec la faculté à sonder le faux qui a tendance à prendre ses aises,
Je réfléchis dans l’obscurité d’un ciel étoilé afin de pondre,
Par les cris muets de mon stylo et son adresse,
À faire saigner les mots dans cet envol,
Celui de permuter mes maux vers la tendresse,
Afin que mes vers soient ceux du vol,
Envers la soie de mes idoles et leurs sagesses,
Pour les aimants qui croient à notre bonne étoile,
Et leurs enfants qui voient la toile qui dévoile,
Les voix de l’enchantement de la Providence,
Provenant de la coupole englobant nos croyances,
Dans la voie de l’enseignement à notre auréole,
Jusqu’au chant glorieux du rossignol.

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UNITÉ

L’unité est ma seule contradiction,
À l’égard de toute situation,
Car je suis un avare de dévotion,
Mais le hasard a manqué mon affection,
Alors, mon regard n’est que la détestation,
À ce phare de notre illumination,
J’aimerais dire cette phrase et son appréciation,
Celle à la définition de cette phase,
De ma simulation à mon émane,
De l’émancipation de mon âme,
Je ne suis que cet âne qui ne veut que la stimulation,
Celle de la fusion à cette profusion.

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